Cela fait toujours plaisir de voir un mémoire faire l’objet d’un article de presse. Comme c’est le cas ici dans “Midi Madagasikara”. L’impétrant en question est rftdoudha, un élément du Foko Blog club Vakinankaratra. Avec son licence professionnel en poche, il escompte poursuivre ses études à l’étranger, Canada ou France.
Société
Sécurité rurale
Le « kalony », objet d’une recherche à l’Essva
Le mot « kalony » vient du français colonne. S’agit-il d’une réminiscence de ces colonnes de soldats envoyés par Gallieni pour pacifier l’île au début de la colonisation ou tout simplement du pilier, pieu ou encore poteau ? Le débat est ouvert. En tout cas, le « kalony », tel qu’on l’entend actuellement, désigne un concept d’autodéfense villageoise institué dans la région Sud-Ouest dont la mission est la protection des biens et des personnes. Dans ce sens, il se pose comme le pilier de la communauté. Homologué par le Tribunal de première instance de Tuléar le 6 août 2008, le « Kalony » sert l’intérêt général en faisant appel aux hommes valides de 18 à 50 ans à s’organiser pour lutter contre toutes formes de vol, en particulier le vol de bovidés, mais également la lutte contre les feux de brousse et la lutte antiacridienne. Le « Kalony » dispose d’un règlement intérieur, d’un bureau composé d’au moins 13 membres et d’une autonomie financière assurée principalement par les amendes et autres pénalités.
Le « Kalony » vient de faire l’objet d’un mémoire de fin d’études à l’université privée Essva, sis à Antsirabe. Actuellement, tous les 1562 fokontany de la région Sud-Ouest (Tuléar) disposent d’un « Kalony ». Or, d’après une enquête dirigée par l’impétrant, Fanomezana Tianarivelo Ralaivao, 71,30% de la population locale ignorent encore ce qu’est le « Kalony » ! Constat : il existe un manque manifeste de communication. Ce à quoi l’impétrant a suggéré des solutions, axées sur la mise en place d’une cellule de communication régionale dont les actions prendront en compte les concept-clés de la communication participative tout en incluant l’institution d’un contrat d’impacts entre l’administration et la communauté de base. Le jury a accordé la mention Très Bien à l’impétrant qui obtient ainsi son diplôme de Technicien supérieur spécialisé en communication, équivalent de la licence professionnelle, après trois ans de formation après le bac. Inauguré en décembre 1999, l’Essva Antsirabe s’apprête actuellement à commémorer avec faste ses dix ans d’existence. En dix ans, environ 400 étudiants issus des filières Communication et journalisme, Ecotourisme, Electromécanique, Gestion et Management, Sciences et techniques de l’éducation et Hôtellerie et Restauration, ont terminé avec succès leurs études à l’Essva. Ils se donneront certainement rendez-vous à Antsirabe le 23 octobre pour fêter le jubilé de l’établissement.
D. R.
